Les frontières du travail

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Rémy Caveng, maître de conférences en sociologie à l’université de Picardie, chercheur au CURAPP (UMR 6054)
Didier Demazière, directeur de recherche en sociologie au CNRS (CSO, Sciences Po), président de l’Association française de sociologie
Mathieu Grégoire, maître de conférences en sociologie à l’université de Picardie, chercheur au CURAPP (UMR 6054) et chercheur associé au CEE

Rencontre animée par Xavier Dewetter, maître de conférences en science économique à Telecom Lille 1.

Printemps des SHS 2012PRINTEMPS DES SHS 2012 - QUE FAIRE DU TRAVAIL ?

Rencontre animée par Xavier Dewetter, maître de conférences en science économique à Telecom Lille 1.

Rémy Caveng, maître de conférences en sociologie à l’université de Picardie, chercheur au CURAPP (UMR 6054)
En remettant en cause certaines caractéristiques du salariat « classique », notamment l’emploi comme relation durable et l’entreprise comme lieu de rattachement à l’emploi, les situations de précarité tendent à brouiller les frontières entre travail salarié et travail indépendant. Ces situations se prêtent à deux types de lecture. D’un côté, on peut y déceler des potentialités de réduction de la relation de subordination aux employeurs, voire des potentialités d’émancipation. L’incertitude serait ainsi compensée par un gain de liberté par rapport aux salariés connaissant des liens d’emploi stables. De l’autre, on peut estimer que ce gain est en grande partie illusoire et que cette liberté est tout entière mise au service d’une forme d’auto-exploitation. À partir de l’exemple des travailleurs des entreprises de sondage, on s’interrogera sur les conditions sociales de possibilité susceptibles de rendre compte du positionnement des individus de part et d’autre de cette ligne de crête.
R. C.

Didier Demazière, directeur de recherche en sociologie au CNRS (CSO, Sciences Po), président de l’Association française de sociologie
Le chômage : un phénomène incertain et flou
Le chômage est, du moins en apparence, aisé à définir : il est privation d’emploi et absence d’activité professionnelle, et à ce titre il est généralement considéré comme l’envers du travail. Pourtant de nombreux indices témoignent que le chômage demeure un phénomène difficile à cerner et un sujet de controverses : querelles incessantes sur le nombre de chômeurs ; débats permanents sur l’efficacité du service public de l’emploi ; discussions nourries sur les « bonnes » méthodes de recherche d’emploi ; polémiques récurrentes sur la responsabilité individuelle dans la sortie du chômage. Ces débats sont le signe d’une incertitude persistante sur ce qu’est vraiment le chômage, d’une imprécision sur ses contours, d’une incertitude sur ce qu’est un chômeur. On montrera que l’apport des sciences sociales permet de comprendre ce paradoxe, non en formulant une définition savante, prétendue juste et vraie, mais en analysant comment les frontières du chômage sont tracées et déplacées, et en montrant la porosité et la plasticité des limites entre le chômage, l’emploi et l’inactivité.


Mathieu Grégoire, maître de conférences en sociologie à l’université de Picardie, chercheur au CURAPP (UMR 6054) et chercheur associé au CEE
Historiquement, l’institutionnalisation du travail sous forme d’emploi a constitué le support essentiel d’émancipation du salariat en garantissant aux salariés non seulement une sécurité par rapport aux aléas du marché, mais aussi des droits sociaux étendus dans le travail et au-delà. Ce modèle paraît aujourd’hui en crise : le plein-emploi devient horizon de moins en moins crédible, et l’emploi comme support de sécurisation sociale est l’objet de multiples déstabilisations. Aussi le travail, lorsqu’il déborde les frontières de l’emploi, fait-il souvent l’objet de lectures négatives : le non-respect du droit du travail, le temps partiel subi, le travail au noir, le sur-travail, le travail obligatoire des allocataires du workfare… figurent les vicissitudes d’un salariat contemporain en proie aux reculs et aux renoncements.
Dans ce contexte, le cas des intermittents du spectacle interroge le salariat dans son ensemble. Dans sa réalité quotidienne, le travail des intermittents déborde l’emploi de toute part. Pourtant, à l’inverse de nombreux mouvements sociaux, les intermittents ne se sont pas battus, lors des dernières décennies, pour la défense de l’emploi ou pour que leur soit reconnu un droit au plein-emploi de tous et de chacun.
La présentation sera consacrée à l’analyse de l’horizon d’émancipation alternatif au plein-emploi qu’a porté le mouvement des intermittents : celui d’une subversion de l’emploi, du marché du travail et de l’ordre salarial capitaliste appuyée sur une socialisation massive des revenus.
M. G.


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